Instabilité ou gravité aiguë de l’état médical
Le critère principal demeure la stabilité clinique du patient. Lorsqu’un patient présente une pathologie nécessitant une surveillance étroite et des possibilités d’intervention rapide – détresse respiratoire, instabilité hémodynamique, troubles aigus de la conscience – la prise en charge à l’hôpital reste impérative. Le domicile ne permet pas d’accéder dans l’immédiat à un plateau technique ; ainsi, fait notable, l’accueil en HAD implique d’emblée une capacité d’intervention différée, qui expose à un risque accru en cas d’aggravation imprévue.
- Patients présentant un risque de décompensation brutale (cardiaque, pulmonaire, neurologique) : exclusion du champ de la HAD.
- Chirurgies lourdes ou oncologies complexes : nécessité de surveillance continue (réanimation ou soins intensifs).
Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), « la prise en charge à domicile doit s’accompagner d’un pronostic médical stable, même dans le cadre de soins palliatifs, pour éviter toute rupture de soins urgents » (IGAS 2018).
Technicité des soins et contraintes matérielles
Certains patients requièrent des dispositifs médicaux sophistiqués, un environnement aseptisé, ou un accès immédiat à l’imagerie, au bloc opératoire ou à la transfusion. Ces nécessités techniques sont, par nature, difficilement reproductibles en HAD.
- Dialyse hémodialyse (hors programmes spécifiques) : logistique spécifique lourde impossible à domicile.
- Ventilation mécanique invasive continue : la gestion sécurisée de ces appareils requiert une équipe expérimentée et une maintenance constante.
- Transfusions à haut risque : seules des structures hospitalières disposant d’une surveillance biologique rapprochée peuvent assurer ce type de prise en charge.
La question du contrôle des infections nosocomiales est aussi cruciale : le domicile, par définition, ne peut offrir les garanties maximales en matière d’asepsie, rendant certains protocoles inadaptés.
| Situation clinique |
Prise en charge possible en HAD |
Pourquoi HAD impossible ? |
| Insuffisance cardiaque sévère décompensée |
Non |
Risque d’aggravation soudaine, besoins de surveillance rapprochée |
| Soins palliatifs stables |
Oui |
- |
| Chirurgie lourde (post-op. immédiat) |
Non |
Nécessité plateau technique et surveillance continue |
| Complications infectieuses aiguës (sepsis grave) |
Non |
Besoins en réanimation |
| Chimiothérapie ambulatoire |
Oui |
- |